* En français, onomatopée traduisant le chant du coq.

L'expression « Cocorico ! » est  parfois utilisée par les français pour manifester leur chauvinisme.

Traductions en différents dialectes:

Kikeriki en allemand, Cock-a-doodle-do en anglais, Kokokog et Kekele en breton, Co Co Co en chinois, Quiquiriquí en espagnol, Kokeriko en espéranto, Coucouricou en grec, Kukuruyuk en indonésien, Mac na hóighe slán en irlandais (mais c’est quoi, le rapport???!!!), Chicchirichi en italien (je croyais que les italiens roucoulaient; mais bon… Soit), Kokekoko en japonais, Kuckeliku en suédois.

 

Nous allons rentrer en ME-TRO-POLE.

L’hexagone.

Le pays du fromage qui pue.

D’Astérix.

Des vaches et des plaines.

Des chaînes volcaniques éteintes,

mais qui allume le feu, bowdel!!!

 

Haaaaa…. Mon pays…

C’est que j’ai failli perdre mon identité, moi.

Pas que je me sois déjà imaginée avec un béret vissé sur le crâne, une bouteille de rouge dans une main et un sauciflard dans l’autre, hein, ce n’est pas ça.

Et puis avec une bouteille de rhum Clément, ça marche bien, aussi (ben quoi??? On est des Capitainkrab’s des Caraïbes ou pas??! Mais attendez… ce serait donc pour cela que Bob est spongieux? Parce qu’il est imbibé?!).

NON MAIS BON, au bout d’un moment, la Fr… euh… la métropole (Nan, je n’allais pas dire la France, non. Non, je vous dis que NON!!!! J’allais dire « FROMAGE ». Voui, parfaitement, LA fromage, voilà. Et après????) ça manque…

 

Notez bien qu’ici, en Martinique, sous certains aspects, on n’est pas complètement dépaysés:

 

- D’abord, il y a la grève.

C’est important, le droit de grève.

Des gens sont morts, pour ça.

Et en Martinique, on rend hommage à ces gens-là. Plusieurs fois dans le mois. Et sans avoir forcément besoin de prétexte, et c’est ça, dirais-je, qui donne toute sa beauté au geste.

Exemple:  Souvent  Parfois, les personnels de cantines scolaires sont en grève.

Eh bien dans ce cas, par solidarité et même si ça n’a aucun rapport, les enseignants ne viennent pas travailler non plus.

Et ça, ça... c’est beau.

 

- Et puis, nos histoires communes sont liées, tout de même.

Par l’esclavage.

Qui je l’admets, est une aberration monstrueuse, une manifestation haïssable, sordide et abjecte de ce que la nature humaine renferme de plus noir  sombre  [je cherche un mot qui ne soit pas tendancieux, mais…] bon, disons: fangeux, en elle.

En cela aussi, les antillais savent respecter la mémoire de leurs ancêtres.

Encore aujourd’hui, ils leur rendent des hommages appuyés, aussi fréquemment que possible et en toutes occasions.

Par exemple, il y a quelques mois, au supermarché, comme je désirais franchir, avec mon caddie, le rayon " céréales" pour aller jusqu’à celui du chocolat (et je précise qu’en matière de chocolat, je ne fais pas de discrimination non plus: noir, blanc, au lait, je les aime tous. TOUS!!!), et alors qu’une dame se trouvait au beau milieu de l’allée, je me suis permise m’excuser de devoir demander pardon d’avoir le culot, l’audace et l’impudence d’envahir l’étroit corridor.

Un peu à la façon des USA lorsqu’ils ont envahi le canal du Panama, vous voyez.

Ou comme viennent de le faire les russes en Crimée.

Parce que les russes ont à cœur de s’escrimer à ne pas discriminer les criméens, en évitant lacrymogènes, criminalité et acrimonie afin de ne pas s’incriminer et d’éviter toute récrimination.

Eh bien, la dame n’a pas hésité à souligner le caractère colonialiste, expansionniste, hégémoniste de ma démarche, en me lançant un tonitruant:

 " Imbécile!!! "

Puis, passant derrière moi: « Sale blanche…. ».

EH. MERDUM.

Jusque là, j'avais réussi à l'éviter, celle-là.

Cette phrase qui fait qu'on tombe, malgré toute notre bonne volonté, dans le monde impitoyable des clichés et des idées préconçues.

Et la voilà qui, en passant derrière moi, m'assène un grand coup de poing entre les omoplates pour ponctuer sa phrase, afin que j’assimile bien le fait qu’effectivement, je suis blanche, des fois que je veuille renier mes origines comme feu Michaël Jackson après une cure d’Ajax en perfusion.

N.B.: Michaël, je t'aime quand même. Fowéveuw.

 

Magnolias Furévèèèèè

 

Alors, en considérant les différences de codes de politesse entre pays, on aurait pu éventuellement supposer quune grande tape dans le dos est une marque daffection, ici.

Un peu comme en Inde, roter à table est une marque de courtoisie envers la cuisinière, vous voyez.

Mais nous n’étions pas en Inde, et à en juger par lair interdit des badauds, ce n’était pas non plus une coutume locale.

 

Bon, bon... Restons philosophes:

elle n’avait pas tort, au fond.

En toute impartialité, je suis blanche. Ca, c'est un fait indéniable.

Parce que même en essayant de bronzer à la plage, la couleur dont je me suis le plus rapprochée, c’est le rouge fluorescent.

Il faudra que je vous montre, c’est intéressant, comme concept; en fait, un peu à l’instar des lucioles Bonux, je me suis dit qu’en emmagasinant une quantité suffisante d’énergie calorifique, façon panneau solaire, il me serait possible de la restituer la nuit sous forme de lumière phosphorescente.

Je ne vous raconte pas les économies d’énergie.

Toutefois, tous les antillais n’ont pas la même rancœur envers les potentiels descendants de potentiels colonialistes, heureusement (cela dit, je doute que mes ancêtres aient un jour mis les pieds sur une île, quelle qu’elle soit. Je doute même qu’ils aient connu d’autres frontières que celles de leurs villages.  Au point que le jour où les allemands, dans leur uniforme vert-olive, ont envahi leur patelin, ils ont probablement plus pensé à une invasion d’aliens qu’à une menace venant de l’étranger. Et puis mince, mon mari est créole, si une famille est susceptible de représenter ici la mixité, le brassage, le melting-pot, la salade de fruits tropicale, c’est bien la mienne, zut de crotte!).

J’ai rencontré plus de sympathiques personnages, désireux de me faire découvrir leur culture, que de brutes épaisses m’accusant de leur voler leur travail (alors même que dans mon altruisme tout naturel, je fais mieux que quiconque ici: je n’exerce plus mes fonctions, sans même toucher d’indemnités chômage… Mince, si ce n’est pas de l’abnégation, ça…).

ET PUIS, il y a deux-trois autres choses que je ne regretterai décidément pas, à commencer par toutes les petites bestioles, qu’elles soient diurnes ou nocturnes.

Surtout les nocturnes, en fait.

- Tenez, pas plus tard que cette nuit, alors que j’étais dans un état de demi-sommeil, j’ai senti une présence, près de moi.

Je devrais plutôt dire: un léger souffle près de mon visage, pour être tout-à-fait exacte;

tentant tant bien que mal d’émerger de mon coma afin de découvrir le visage de mon admirateur secret, j’ai ouvert un œil… et là.... LA......

 

HORREUR, STUPEUR ET CONGELATION SANGUINE SPONTANEE!!!!

Deux yeux brillants me fixaient dans le noir.

Deux billes d’un vert lumineux clignotant.

 

Si-si, clignotant…

Allez, histoire d’entretenir un peu le suspense, je vous laisse deviner quelle était l’identité du mystérieux rôdeur noctambulo-crépusculaire, dans un ordre décroissant de plausibilité:

 

a- Le chat de ma voisine,

b- la voiture téléguidée de mon fils en mode pleins phares,

c- un vaisseau alien passe-muraille venu m’abducter,

d- un loup-garou en mal d’affection.

(si vous choisissez la "c", c'est que vous êtes vraiment sadiques. Ou alors, que vous ne m'aimez pas beaucoup).

 

Vous ne savez pas, hein…

Et pour cause, la réponse ne figure pas dans cette liste.

Alors, imaginez-moi, l’œil hagard, le poil hérissé et …. Non c’est bon, laissez tomber.

Inutile de détruire mon image de BBDSS (Belle-Au-Bois-Dormant-Super-Sexy-dans-son-sommeil), hein.

Essayez simplement de vous figurer l’effroi que vous ressentiriez si vous réalisiez qu’une paire d’yeux vous scrute, près de votre lit, au beau milieu de la nuit; comment réagiriez-vous?

 

Réponse a:

Vous vous cachez sous les draps en espérant que si vous fermez les yeux très-très fort, la créature ne vous verra pas. Oui, parce que vous l’avez vu dans Predator: Schwarzy se barbouille de boue et  devient aussitôt invisible aux yeux de l’alien dreadlocké. A cet instant précis, vous regrettez d’avoir retiré votre masque d’argile avant de vous coucher.

Réponse b:

Déterminée à en finir, vous plantez votre regard droit dans celui du succube et, debout sur votre lit, superbement enveloppée d’un drap mettant votre corps sculptural en valeur, l’air du ventilateur dans votre ondoyante chevelure Loréalisée (vous vous embrasseriez presque, tiens), vous tendez fermement un crucifix en direction de la méphistophélique bête immonde en lui récitant trois "Notre-Dame" et un "Notre-Père" en n’omettant pas la formule sacrée "In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen."

Réponse c:

Vous perdez tout amour-propre et réveillez votre mari en hurlant comme une bête sauvage.

Réponse d:

Vous tentez la méthode Sixt-Coué: "Je suis une super nanaaaaaaa!!!" en rajoutant: "... et je suis ceinture noire de karaté, hein…."

 

En ce qui me concerne, je dois cruellement manquer d’imagination, ou de courage, ou d’instinct suicidaire, car je n’ai rien fait de tout ça. Je suis restée assise dans mon lit, éberluée, en observant les petits yeux lumineux.

En réalisant tout-à-coup que les yeux étaient en train de loucher et… OH MON DIEU!!!!

C’est pas Dieu possible des yeux qui se tordent comme ça!!!!!!!!!

Enfin, je veux dire, les seules fois où mes yeux se croisent comme ça, à moi, c’est quand je fais trop d’ordinateur!!!!

 

... Et subitement, j’ai retrouvé mes esprits et là, j’ai compris:

les petits yeux luisants de l’intrus n’étaient autre que deux petites Lampyridae en train de copuler, vrombissant de plaisir.

Comprenez… des lucioles.

Oui, ooooooh ben ça va, hein!!!!

Je sais bien que vous rigolez, derrière vos écrans, mais j’aimerais bien vous y voir!

C’est beau, l’amour insectuel et l’instinct génésique, mais quand même…

un peu de discrétion afin de ne pas choquer les âmes prudes (et carrément pétochardes) aurait été appréciée…

 

- Un autre nuisible  que je ne saurais regretter, c’est bien sûr le mal-aimé, l’honni, l’indésirable DracoMosquitos-le-sanguinaire, une espèce de vampire antillais mutant dont j’avais déjà brossé un effroyable portrait dans un précédent billet, si votre mémoire est bonne (si elle ne l’est pas, essayez les Omégas 3).

mosquitos

Hein, qu'il a l'air méchant....

 

Une dengue plus tard, j’ai finalement trouvé un moyen de lutter contre les attaques sournoises de ce mini-stuka préhistorique:

BOB,

l’eye of the mosquito tiger.

Bob, baptisé ainsi en hommage à Marley (Rastafari yeah man!), puisqu'on n'est pas si loin de la Jamaïque, c’est mon poisson rouge, léguée par mon amie Olivia.

Ah, Bob, mon p'tit pote…

BOB

Notre regretté Bob.

 

Lui qui m’a vaillamment protégée, au péril de ses nageoires, en gobant systématiquement tout insecte piquant ou volant (et les deux ne sont pas incompatibles) approchant d’un peu trop près les bords de son bassin…

Sauf que Bob est décédé de mort létale la semaine dernière.

Je n’ai pas compris comment, le matin il allait bien, et quand je suis rentrée, il nageait le dos crawlé.

Alors Bob a eu droit à un vibrant éloge funèbre, suivi d’un rite funéraire par immersion dans le bouillonnement des toilettes (ultime thalassothérapie), avant de rejoindre le courant est-australien.

Définitivement.

Jamais tirage de chasse n’aura été plus émouvant.

Snif...

 

C'EST POURQUOI, désormais, sans garde rapprochée, plus rien me retient sur cette île.

Tout ce qu’il restera de moi ici, c’est un peu de mon ADN dans la trompe d’un moustique desséché, collé contre le mur de ma chambre (N.B: Si vous voulez commettre le crime parfait, ne tentez rien en Martinique).

Me revoilà donc, pour les 2 mois qu’il me reste à accomplir sous les cieux nuageux des Antilles (je n’ai jamais connu pays plus pluvieux, depuis la Bretagne!), dans les cartons, heureuse de retrouver le très haut-lieu touristique suédois dont le nom commence par "I" et finit par "KEA", de retrouver ma famille, mes amis, même si je ne regrette rien de mon aventure antillaise.

Parce que bowdel, c’est quand même vachement bon les bananes plantain!!!

Et puis, nous allons aussi laisser derrière nous des amitiés sincères, ici.

D’ailleurs, ils auront droit à un billet particulier, ces amis d’une affectation (et peut-être bien plus, je l’espère). Parce qu’ils le valent bien J

 

A biental…