* Ou les crabes dans la mangrove des Everglades. En même temps, c'est tout-à-fait normal, puisque la mangrove est l'habitat naturel du crabe de terre. Voilà voilà.

 

Cher 8231ème lecteur,

toi qui as le suprême honneur de lire ce post avant tous les autres, je te souhaite une belle et heureuse année 2014!

 

Bon, pour ne pas faire de jaloux, j'étends ce privilège incommensurable à chacun d'entre vous qui passera par ici.

Quoique je ne suis pas certaine de vous faire une fleur, porte-poisse que je suis...

Néanmoins, je pense pouvoir vous adresser mes voeux sans crainte de déclencher un cataclysme, une épidémie de peste bubonique ou une troisième guerre mondiale.

Pour les autographes, envoyez-moi un MP.

Pour les chèques, adressez-vous directement à ma banque, qui se chargera de les encaisser.

 

Il me semble que la fois dernière, nous nous étions quittés devant le majestueux portail du Magic Kingdom Park, en 2013.

 

Mais au terme de 5 journées mémorables, nous avons finalement quitté Disney, ce qui fut particulièrement malaisé, car en Floride, toutes les routes mènent au célèbre parc d’attraction: 

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Le labyrinthe de Dédale, version 2.0. Si vous trouvez la sortie, vous gagnez 10 points de vie.

 

Du coup, après avoir passablement tourné en rond, arpenté les rues de Kissimmee en long, en large et en travers, nous avons enfin trouvé notre préccccccccieuse issue:

la terre voie du milieu!!!

 

Quand je dis que la Floride est envahie par l’occupant Disney, vraiment, je n’exagère pas;

nous avons même pu voir un fabuleux spécimen de monopède à double entrée auriculaire, se nourrissant de notre énergie électrique (cf. l'instantané ci-dessous, pris au péril de ma vie dans ma fuite).

Heureusement que les USA ont Tom Cruise pour se libérer de l'oppresseur...

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Culte du dimanche : La Guerre des Mondes

La guerre des mondes kikoolol.

 


... Notons, tout de même, qu’un irréductible danois tente, encore et toujours, de résister à la dictature muridesque:

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Et puis, en Floride, il y a d’autres types de parcs d’attraction…

Par exemple, euuuh…

les concessionnaires de voitures de luxe...

Si-si! 

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Test Track ® – an Epcot ® attraction

 

Je vous assure, mettez un homme dans un parking Cadillac, et vous verrez s’il n’est pas heureux… 

Ah!!

Quel bonheur de le voir courir partout, sautillant entre les rangées de rutilants bolides, la bave au coin des lèvres, et les yeux exorbités… lorsque dans un éclair de lucidité, il voit la pancarte du coût de la magnificence, de l’ostentatoire!

Ciel!!! 

Montée d’adrénaline garantie, suivie d’une descente tout aussi rapide, cruelle et douloureuse, lors du retour à la réalité économique de votre portefeuille.  

Si vous en faites un jour l’expérience, je signale tout de même que cette activité est formellement déconseillée aux personnes souffrant de troubles cardiaques.

Au pire, le Docteur Carter veille sur vos intérêts, via une autre pancarte située quelques mètres plus loin:

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Sont pas cons, les ricains, ils savent où est leur intérêt…

 

Quoi qu’il en soit, la route était longue et une halte récupératrice s’imposait;

nous avons donc choisi un petit restaurant routier, au kilomètre what milliards quarante-douze, afin de satisfaire nos appétits voraces, déjà habitués, en quelques jours, à l'absorption massive de lipides et de sucres.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que sur ces derniers points, le restaurant correspondait à nos attentes… Enfin, à ce que l’on peut attendre d’un restaurant américain: 

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Buffet gargantuesque et pantagruélique.

 

Pour tout dire, ma fille, initialement, était véritablement enthousiasmée à la vue de ces merveilleuses pâtisseries, si prometteuses au premier abord, et voulait goûter à chacune d’elle. 

Erreur!!!

 

Toute cette débauche de colorant n’est qu’un leurre destiné à appâter les petits enfants!!!

Pour ma part, je suis désormais persuadée que la maison en sucre de la sorcière d’Hansel et Gretel ne se trouve pas dans un coin reculé du duché d’Alémanie, non…Les frères Grimm étaient FORCEMENT américains, car leur imagination gastronomique ne peut venir que de là! 

Tout dans l’apparat, sublime en surface, mais trompeur en substance…

un peu comme un album de Brice Conrad, quoi.

 

Ma fifille fut donc, en fait, très déçue du goût huileux et écœurant, à la bonne graisse végétale, des gâteaux américains, vraiment très denses. 

M’enfin, d’un autre côté, c’est pour le moins énergétique. 

Une pâtisserie américaine, et on règle le problème de la faim dans le monde. 

En revanche, ce n’est pas avec leur café, radin en fèves mais généreux en eau de robinet, que l’on nous sauvera des ravages de la mouche tsé-tsé ou de la narcolepsie devant le J.T. de Claire Chazal.

 

Après cette pause salutaire (ou pas), nous reprîmes la route, plus lestés que jamais et prêts à subsister 3 jours sans manger.

A l’arrière de la voiture, ma pauvre petite dernière, dont l’estomac était victime d’une sournoise attaque de cheesecake, avait l’impression que la voiture tanguait, signe d’une cinétose menaçante.

Ah, qu’est-ce que la cinétose, me demandez-vous?! 

Oh, ce n’est rien de plus que le terme chic pour dire qu’elle était sur le point d’effectuer un dépôt de gerbe.

 

Explication de la minute scientifique:

Avoir le mal des transports, c'est un peu se sentir comme un mannequin de crashtest nauséux en début de grossesse, sur chemin caillouteux du Paris-Dakar, ballotté au gré des accidents de terrain; le moindre vacillement de l’auto semble être une épreuve divine, durant laquelle il faut faire des efforts désespérés pour fixer, au loin, un point sur l’horizon, alors que ce dernier lui-même semble se flouter et former des zigzags, défiant l'oreille interne.

 

C’est à peu près ce que devait ressentir ma Jadouille, qui verdissait à vue d’œil.

 

Pour la soulager, nous avons donc ponctué notre parcours de quelques étapes, sur des aires de repos aménagées en observatoires naturels, magnifiques points de vue à partir desquels il est possible de guetter, en toute discrétion, et dans une sécurité relative, les animaux de la réserve subtropicale, à peine troublés par la présence de l’autoroute, que bordent de part et d’autre les marécages.

Il faut savoir qu’aux Everglades évoluent, en toute liberté, toutes sortes de nouveaux animaux de compagnie:

des serpents, des tortues, des épouvantails, des alligators…

 

Bref, de sympathiques animaux à sang-froid, qui font perdre celui des mammifères à sang chaud que nous sommes.

Mais on y trouve aussi des panthères de Foride, et beaucoup, beaucoup de corbeaux et de vautours, lesquels se délectent des carcasses de bébés alligators trop faibles pour survivre aux dures lois de la nature. 

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Là, je fais ma maline, parce qu'elle est empaillée.

 

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Là, je fais déjà moins ma maline...

 

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Flûte, je crois qu'ils m'ont repérée!!!!

 

En attendant, l'espèce menacée, dans les Everglades, ce ne sont pas les reptiles, mais bel-et-bien l'Homme.

Si l’on respecte les consignes de sécurité, tout va bien.

Mais si l’on se prend pour Crocodile Dundee, Madame Gator, embusquée dans les herbes hautes des marais, aura tôt fait de vous transformer en sac-à-main en "peau de Biatche" AOC.

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Traduction: Il est illégal de servir de nourriture aux alligators.

 

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Mon nouveau pote: René, dit Lacoste pour les intimes.

 

Pour profiter au mieux du spectacle de la nature, il est préférable de se faire guider, comme nous l’avons fait sur Shark Valley (qui porte bien mal son nom, car on n’y trouve pas la moindre trace des dents de la mer; il s’agit en effet d’eau douce. Cela dit, l’eau douce est également mal nommée; allez vérifier si la dentition du croco est douce, vous! Sans parler de l’aiguillon agressif du moustique, maître incontesté de ces lieux… Entre les morsures et les suçons, « Vampyr Valley » aurait finalement été plus approprié…), par les rangers du Parc National.

 

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Moyennant l’achat d’un ticket, lequel est valable 10 jours pour toutes les entrées du parc, il vous est alors possible de bénéficier d’une visite commentée, assis dans un petit train, ou à vélo, pour les plus suicidaires téméraires.

Cette dernière méthode est très efficace si vous souhaitez vous affranchir d’une belle-mère encombrante (pas de preuves: les rangers n'y verront que du feu!), les crocodiles n’hésitant pas à traverser la route en faisant fi de la présence humaine, surgissant lorsque l’on ne s’y attend pas.

Pour preuve, quelques clichés de la féroce créature en pleine traversée de bitume:

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Oh, pardon; petit incident technique.

Je vous la refais:

 

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Gator faisant la manche en bordure de route.

 

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 Avis aux piétons et aux cyclistes: prière de vous déporter sur la droite lorsqu'un véhicule arrive en face.

 

Un conseil: A Shark Valley, n’oubliez pas votre casquette d’aventurier, votre bouteille d’eau (un jerrican devrait suffire), et votre dictionnaire Reverso, car le bougre de guide parle vite… Mais si dernier, dans son étalage de science, vous semble trop barbant, vous pourrez aisément vous en débarrasser dans quelque recoin marécageux, comme nous avons tenté de le faire (sans grand succès).

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Derrière toi, Walker!!!!

Non j'déconne, c'était une blague.

 

La deuxième façon de profiter des Everglades, c’est de faire un tour en airboat, ou aéroglisseur si vous préférez. Vous savez, ces bateaux que l’on voit dans les films à haut potentiel intellectuel, du type « Anaconda », ou sur les règlements de compte entre barons du narcotrafic, au beau milieu de la mangrove (à moins que je ne confonde avec la Martinique?)… 

 

Eh bien, c’est l’expérience que nous avons faite.

Mais non, pas la drogue!!! 

Le tour en airboat, bien sûr:

 

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Je suis la reine du mooooooonde!!!!!

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Je crois qu'il me fait de l'oeil...

 

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Tortue de Floride à carapace molle. A noter que cette espèce est visible, en captivité, au village de la tortue, sous le soleil de Gonfaron. Ben quoi, Gonfaron, c'est presque Saint-Trop', hein!!! A 45 km près...

 

Ce fut un grand moment, que de se retrouver propulsés, à grande vitesse, dans les couloirs étroits de la mangrove, cheveux au vent (tant et si bien que ces derniers finissent aussi enchevêtrées, à l’issue de la balade, que les racines de la jungle aquatique);

si l’on se paye quelques bonnes montées d’adrénaline dans les virages, on y bénéficie aussi d’une fraîcheur bienfaisante, bien plus appréciable que celle qui règne sous le soleil brûlant de Shark Valley.

J'en garderai un souvenir impérissable:

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C'est ici que je vous laisse, au coeur de la mangrove, en compagnie de ses charmants occupants.

Pour rentrer chez vous, c'est tout simple:

1ère racine sur votre droite, puis vous traversez le bras de rivière à la nage, en contournant le croco qui fait office d'agent de la circulation;

vous ne pourrez pas le rater, il est vert et il clignote des yeux.

Lui ne vous ratera pas, en tout cas.

Suivez le chant du lamantin sur 50 mètres et ce sera la dernière sortie, juste en face;

respirez... vous êtes arrivé à bon port!

 

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