(Avouez, c'est somme toute mieux que les Chtis à Ibiza!)

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Avant, je croyais que les américains étaient des mangeurs d'hamburgers hautains, parlant anglais, et conduisant de grosses voitures.

Et je croyais aussi que Wall-E était une fiction.

 

Mais ça, c’était avant mon voyage en Floride;

car oui, je suis partie au pays des oranges et du soleil (parce qu’ici, en Martinique, on n’avait pas assez de chaleur, et que nous en avions marre des bananes plantains), des crocodiles et des panthères, et surtout, de Disney!!!

Alors bien sûr, mon trip ayant duré 10 jours, il faudra que je vous raconte tout cela en plusieurs posts, qui se répartiront de la façon suivante:

- Je m’étendrai en premier lieu sur les aspects géographiques et économiques de la Floride (non, je plaisante; vous avez eu peur, hein?)

- Je vous expliquerai quelques généralités bonnes à savoir sur les USA:

partie 1: les américains parlent américain,

partie 2: les américains sont de TRES gros mangeurs, 

partie 3: l'humour américain, 

partie 4: les américains ont de TRES grosses voitures,

partie 5: les américains sont les sauveurs de l’humanité. Avec Bruce Willis en invité spécial.

- Puis je m’attarderai, au jour le jour, sur nos activités, qui furent nombreuses et très excitantes, pour la petite française que je suis, perdue au milieu de l’immensité américaine.

 

Humour noir oblige, je serai forcément obligée de faire un peu de sarcasme (pour vous faire rire).

Mais en vrai, j’ai vraiment kiffé-ma-race durant ce voyage. Je veux dire par là que je suis super contente d’être de race française.

Non, je plaisante encore; vraiment, je pensais que les USA étaient un pays très compliqué. Finalement, je me suis aperçue que là-bas tout est optimisé, rationnalisé, pensé pour vous faciliter la vie.

Ce qui fait que ce voyage a glissé comme sur un train d’atterrissage... eeeuh... comme sur des roulettes!

 

Je rêve désormais d’y repartir, d’en voir plus.

 

Bien, première généralité:

désormais, je sais que les américains vivent en mode supersize.

ALL-THE-TIME.

 

I- LA LANGUE AUX USA

Les américians, ils ne parlent pas anglais, non… ils parlent l’amélwouikèèèèââân - à ne pas confondre avec «yeah, we can» -, une sorte d’anglais mastiqué, digéré et mollement recraché, 10 fois moins perceptible pour l’oreille humaine que le bon vieil accent british, et 10 fois plus difficile à prononcer intelligiblement pour un français.

Et puis, vous connaissez sans doute ma légendaire maîtrise de la langue anglaise…

Do you remember? Rappelez-vous, je vous avais conté cette fois où j’avais dit à un anglais:

«Oooooh IT’S NOT GRAVE!!!!».

Malgré mon piètre niveau (baragouinage mention TB), j’ai tout de même réussi à demander de l’aide à l’employée d’un magasin de sport, au milieu duquel avais perdu la trace de mon petit frère, parti vivre une palpitante aventure au rayon pêche. Sans moi, donc.

Deux minutes avant, il me suivait gentiment, et deux minutes plus tard, il n’était plus derrière moi.

Vous savez ce qu’on dit? «5 minutes avant d’être mort, il était encore en vie».

 

Du coup, affolement général:

 

Moi: «Heeeeeelp me, please!!! I don’t find my younger brother!!!»

Elle: «Oh my goooood!!!! How old is he, two years???»


Moi: «No, eleven!!!»

Elle: «Oh, where do you come from?»

Moi: «On s’en fout , banane!» «Flwènce… Euh, i’m french!»

Elle: «Ooooh I loooove France!!!»

Moi: «Mais on s’en fout, shit de crotte de zut!!!» «Great!!!»

Elle: «What's the name of your brother?»

Moi: «Victor!!! VICTOOOOOR!!!!!»

Elle: «Ok, ok, don’t panic. BLOCK ALL THE EXIIIIITS!!!»

(Je crois qu’à ce moment-là, les gens ont cru à un deuxième 11 septembre et ont commencé à me regarder de travers. Je précise que si je mets un voile intégral, je ressemble vraiment à une musulmane.)

Elle: «VECTEUR!!! VECTEUR!!!!!»

Mais pourquoi elle me parle de maths, celle-là??!!!

- instant de réfléchissement -

Oh, d’accord!!!! ELLE APPELLE MON FRANGIN…

C’est sûr qu’il va se reconnaître, là…

 

Bon, rassurez-vous, j’ai retrouvé mon frère, qui était non loin de là, étranger à l’effervescence qui régnait autour de lui.

Après cela, à chaque fois que l’employée nous croisait, elle clignait de l’œil en demandant, amusée:

«Where is Vecteur?»

Eh bien croyez-le ou non, mais j’ai fini par répondre: «Victor is in the kitchen!!!».

Evidemment, elle ne risquait pas percevoir toute la subtilité -mouais- de ma réponse!!!!

 

Bref, l’américain et moi étions fâchés.

 

C’est ainsi qu’habituée au débit rythmé, chantant et carré de ma langue maternelle, j’ai osé demandé, au restaurant:

«One coffee, please!»

ERREUR, PEUCHERE!!!!

La prochaine fois, je prendrais soin de m’anesthésier la langue avec 15 Strepsils  avant de parler l’amélwouikèèèèaaaan, car le serveur a entendu plus de lettres que je n’en ai réellement prononcées, et m’a apporté… un Kuhlfee, un petit gâteau glacé vert fluorescent au bon goût  d’uranium  de cardamome et de pistaches, tout-à-fait délicieux, mais bien loin du goût du café;

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Mais après tout, même le café américain est bien loin du goût du café tel que nous le connaissons.

Aux Ziouèssay, les américains sont très fans de leur tumbler géant de café dilué aux glaçons, et épaissi au sucre et à la Chantilly.

On trouve quelques spécimens spectaculaires de cet étrange breuvage - dont se délecte Abby, de NCIS - chez Dunkin’Donuts notamment; j’ai assayé le Dunkin au caramel et au chocolat, en me disant que peut-être, la caféine me tiendrait éveillée sur l’autoroute.

 

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Coffe is not just black

 

Au final, je pense que c’est la colossale quantité de sucre qui m’a évité l’accès de faiblesse, plus que n’importe quel autre excitant…

D’ailleurs, 35% des américains sont obèses; ainsi, j'introduis ma deuxième partie:

 

II- LA CULTURE "POIDS LOURD"...

... Parce qu’aux USA, tant que tu peux encore voir le bout de tes orteils, tu n‘es pas gros.

Je ne compte bien évidemment pas les femmes enceintes (si tant est qu’un œil exercé arrive à les distinguer des autres dames à fort embonpoint).

Aux USA, tu deviens gros quand tu es obligé de te servir du Magic Mobility pour déambuler.

Qu’est-ce que le Magic Mobility, me demanderez-vous? Vous le connaissez bien, pourtant (surtout si vous avez des enfants);

c’est-ce petit fauteuil électrique utilisé par l’un des personnages du dessin animé «Wall-E», peuplé d’humains réduits au statut de larve, totalement dépendants de la technologie (bref, des Nolife).

 

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Eh bien aux USA, un nombre incalculable d’américains, pourtant relativement jeunes, ont désormais recours à ce véhicule de compétition (tout-terrain, vitesse de pointe à 10 km/h, double airbag -ah ben non, le conducteur lui-même fait office d’airbag-) sans laquelle ils ne peuvent que difficilement se mouvoir.

Au mieux, ils parviennent encore à effectuer un flexion de l’index, ce qui leur permet d’enchaîner marche avant, marche arrière et triple salto latéral avec réception en équilibre sur une roue.

Et bien sûr, ils savent faire, avec grâce et élasticité (cette même élasticité qui leur vaut leur accent très spécial), le très périlleux mouvement d’extension par décrochage de mâchoire, qui leur permet d’engloutir des burgers de la taille de la tour de Pise.

Man vs food me dites-vous?

Ha ha ha!!!

Une petite frappe, un rigolo, qui ne fait malheureusement pas le poids face à ces samouraïs du ribs, ces guerriers du fast-food, ces geeks du nugget, qui, au péril de leur vie, savent faire face avec détermination à la pression (artérielle) instillée par l’ennemi Géant Vert (un dangereux bouffeur de légumes génétiquement modifié, recherché par le FBI, la NSA, le NCIS et la CIA), et ne font qu’une bouchée de ce fléau portant le nom de calories.

D’ailleurs, pendant que nous faisons nos chochottes en mangeant du batracien miniature, eux se sont déjà attaqués au reptile, réduisant les alligators Floridiens d’élevage en vulgaire friture.

Pour digérer, ils ont recours à une aide médicalisée qui les fait joyeusement éructer:

le Dr Pepper. L’équivalent de notre Perrier, quoi.

Light, s’il-vous-plaît!

Non, parce que, associer graisse et sucre serait une hérésie.

Alors qu’associer graisse, sucre et sel est tellement plus logique!

 

III- L'HUMOUR AMERLOQUE

Quand un américain croise un français, il ne peut s’empêcher de dire, très amusé:

«OOooooow, you’re french???? Really??? Aaaaeum, aaaeum (onomatopée de l’américain qui réfléchit) (y a un truc qui ne va pas, dans ma dernière phrase, non?): Meurcille béôôôoukûûû!!! AH AH AH (rire gras)!!!! Aaaeumm… Baôn appeutiiiiiille!!!! AH AH AH AH AH!!!!!»

En gros (c’est le cas de le dire), il se fout gentiment de ta gueule de petit frenchy.

Mais comme nous autres, français, nous avons la réputation d’être courtois avec un minimum de bienséance, nous nous contentons de sourire poliment en susurrant un «So funny!» plein d’ironie.

Un art que les ricains ne maîtrisent pas, car ils ne connaissent que le premier degré (celui de la bière).

Ou bien pensent que le frenchy n’est pas capable de faire du deuxième degré.

 

Pourtant, la plupart du temps, je dois dire que l’américain est bien plus débonnaire que dans l’imaginaire collectif.

Mais en ce qui nous concerne, nous avons essentiellement rencontré des latinos et des haïtiens, d’une gentillesse remarquable, toujours très heureux de tailler le bout de gras (je sais, je vais arrêter avec mes allusions sur les gros, ça devient lourd) (alors là, je n’ai pas fait exprès, je le jure!!!) avec les touristes, et dont la plupart se trainaient des histoires personnelles toutes plus incroyables les unes que les autres.

S’il y a un archétype typique de la Floride, c’est bien le chauffeur de yellow cab issu des Grandes Antilles, qui te conte son irrésistible ascension; généralement il part de rien (ben oui… Haïti, quoi!) ou de pas grand-chose (s’il est né avec une cuiller en or dans la bouche, il vient de République Dominicaine), et plaque tout (c’est-à-dire rien) dans l’espoir de faire fortune aux US.

Ca, bien sûr, c’était il y a 35 ans en arrière, alors qu’obtenir la précieuse Green Card (à ne pas confondre avec Blue Card) était encore chose aisée, ce qui n’est désormais plus le cas…

Bref, pendant que votre chauffeur vous déballe 35 ans d’existence, sans que vous ne vous rendiez compte de rien, il vous fait faire 3 fois le tour de l’aéroport, pour enfin arriver à votre hôtel (qui se trouvait finalement juste à côté) et vous présente la note avec un large sourire:

35$ le tour de manège, soit un dollar l’année de récit…

Sans oublier le pourboire, malheureux!!!!

Sinon, vous passez pour un plouc fini, en plus de passer pour un pigeon.

Et comme le malheureux homme  n’a pas eu une vie facile, généralement, vous lui laissez cette somme de bon cœur. En vous jurant, tout de même, que l’on ne vous y reprendra plus!

Le chauffeur, lui, se dit que c’était une bonne journée: il a eu la chance du débutant.

La chance, c’est pour lui, les débutants, c’est nous!

 

Parce qu’il faut que je vous parle du pourboire, dit aussi «TIP» (rien à voir avec le titre interbancaire de paiement), véritable institution aux Zétazunis.

Bien que la nourriture soit très peu chère, là-bas, j’étais toujours étonnée de voire s’ajouter automatiquement à ma note finale, dans les lieux de restauration, un pourcentage équivalent à environ 20% du prix total de mon repas. J’ai pensé qu’il s’agissait d’une taxe supplémentaire. 

Ainsi, la première fois, j’ai laissé au serveur un pourboire, en plus de ces 20%.

Jusqu’à ce que je comprenne que le TIP était en fait la majeure partie de rémunération, déjà incluse à la note, du serveur, qui ce soir-là à dû bénir la France, les français et la Marseillaise, tandis que je me ruinais sans même le savoir.

Mais gare à l’ignorant qui ne laisserait pas de TIP!

Il contribuerait à renforcer la légendaire réputation de radin fini du français, qui passerait pour un vulgaire Bidochon.

Aussi, à chaque fois que vous laissez un TIP à quelqu’un, avez-vous cet étrange sentiment de repasser votre baccalauréat («OMG, ai-je mis suffisamment?»);

si l’employé s’incline devant vous, comme si vous étiez une divinité, en portant la main à son cœur et avec une banane jusqu’aux oreilles, c’est généralement bon signe.

S’il fait mine de s’écrouler, toujours en portant la main à son cœur mais en grimaçant, c’est plutôt mauvais signe.

Ah, c’est subtil, hein, l’art du TIP… Mais au moins, maintenant, vous savez comment ne pas passer pour un SALE TIP….

 

IV- CONDUIRE AUX USA

Oh, et je ne vous ai pas parlé du trafic, en Floride?

Eh bien, c’est très simple;

en Floride, et de façon plus générale, en Amérique, les autoroutes (dites «Turnpike») ressemblent à des pistes d’atterrissage, tandis que les voitures de taille moyenne correspondent à nos grosses cylindrées.

Dire que je n’ai rencontré presque aucune petite voiture n’est pas mentir;

là-bas, pas de Clio, pas de Punto, pas de Saxo à l’horizon. Par contre, vous croisez CA:

 

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Un créneau? Pouah, trop fastoche!

 

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Intimidant, n’est-ce pas?

(notez que j'ai été obligée d'agrandir la taille de mon texte pour pouvoir rivaliser avec la photo).

 

Les parkings de supermarchés ressemblent à des parkings de concessionnaires, au point que je me suis demandée si de retour de mes courses, je n'allais pas me retrouver avec une pancarte "FOR SALE" sur mon pare-brise:

 

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Les seuls motifs récurrents, sur les routes américaines, sont finalement les taxis, les véhicules de secours, et les bus scolaires;

et encore, même ces derniers sont parfois de taille impressionnante!

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Les américains vouent un véritable culte à leur voiture: Madame est bichonnée, lustrée, reluisante, et repeinte de frais au moindre petit éclat qui volerait malencontreusement.

Mais ce que l’on retient, c’est la facilité de la conduite là-bas…

si l’on exclut les feux tricolores aux carrefours, situés non pas AVANT le carrefour mais APRES;

ce petit détail nous a valu, au début de notre séjour, quelques poussées d’adrénaline, quand, engagés jusqu’à la moelle sur une bonne moitié du carrefour… Nous nous apercevions que nous étions seuls au centre, tel un taureau dans l’arène avant sa mise à mort,  entourés de bolides vrombissants, prêts à démarrer.

                      Mamaaaaaaan!!!!

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Autre fait surprenant, les dépassements par la droite sont autorisés.

Nous avons donc allègrement insulté une bonne demi-douzaine de ceux que nous pensions être de véritables chauffards, avant de réaliser que leur comportement était trop fréquent pour être prohibé.

Mais nous mettions seulement, fait appréciable, environ 4 minutes (de nuit, je précise) à traverser tout Miami, et grâce au Sunpass, l’équivalent du télépéage français, nous n’avons pas connu les files d’attente aux - pourtant nombreux - péages.

De fait, même sans Sunpass, la largeur des routes est telle qu’il paraît inconcevable de voir s’y former des bouchons! Quel plaisir de conduire on the road again…

 

En revanche, nous avons eu la surprise de constater que les bordures d'autoroutes étaient prétextes à tous les business:

les américains ont l'art de pratiquer la culture intensive de panneaux de communication, se livrant à un curieux marchandage:

"Nous faisons commerce de la mort pour vous garder en vie".

 

- Un accident? Appelez nos avocats!

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Je ne sais pas vous, mais moi-je-personnellement, un avocat qui bosse dans la cité de la Haine, je me méfierais...

 

- Votre santé est menacée? Nos chirurgiens veillent au grain!

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We  you.

 

- Votre voisin est un chiant fini? Achetez nos armes!

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I'm a poor lonesome Cowbow.

 

- Et si vous ne suivez pas nos conseils, vous finirez ici:

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Un autre parking géant

 

Voilà, cher lecteur, pour cette première partie de notre voyage;

la prochaine fois, je vous parlerai d'Orlando, de Disney World, des Everglades et des différents quartiers de Miami.

Autant de destinations que nous sommes très heureux d'avoir pu découvrir, et que je prendrai le temps de vous décrire plus en détail.

 

Have a nice day!!!!